Arrêté des comptes IFRS 2025 : les points clés à maîtriser
La clôture IFRS 2025 s’inscrit dans un contexte marqué par des incertitudes économiques persistantes, des évolutions normatives significatives et une attente accrue des régulateurs en matière de transparence. Les groupes doivent porter une attention particulière aux jugements comptables, aux estimations sensibles et à la cohérence de l’information financière publiée. Plusieurs thématiques concentrent l’essentiel des enjeux de l’exercice.
Jugements clés et estimations : un niveau d’exigence renforcé
En normes IFRS, les états financiers doivent permettre aux utilisateurs de comprendre les jugements significatifs exercés par la direction et les principales sources d’incertitude sur les estimations. Les entreprises doivent expliquer clairement les hypothèses retenues lorsqu’elles ont un impact matériel sur la performance ou la situation financière.
Les zones de jugement les plus sensibles concernent la continuité d’exploitation, la liquidité, les tests de dépréciation, les pertes de crédit attendues et les impôts différés actifs. Les régulateurs attendent une information cohérente entre les états financiers, le rapport de gestion et, le cas échéant, l’état de durabilité. L’absence d’effet significatif doit également être justifiée lorsque les utilisateurs pourraient raisonnablement en attendre.
En normes françaises, les exigences restent plus limitées. Toutefois, les groupes doivent veiller à la cohérence globale de leur communication financière. Un décalage marqué entre analyses internes et information publiée fragilise la crédibilité des comptes.
Tests de dépréciation des actifs non financiers
Traitement en normes IFRS
Les tests de dépréciation constituent un enjeu central de la clôture 2025. En présence d’indices de perte de valeur, les groupes doivent comparer la valeur comptable des actifs ou des unités génératrices de trésorerie à leur valeur recouvrable. Cette valeur correspond soit à la juste valeur diminuée des coûts de sortie, soit à la valeur d’utilité fondée sur des flux de trésorerie futurs actualisés.
Les indices de perte de valeur peuvent provenir de facteurs externes, comme une baisse durable de la demande ou des tensions géopolitiques, mais aussi d’éléments internes, tels que la perte de contrats significatifs. Les tests ne concernent pas uniquement les goodwill. Ils doivent s’étendre aux actifs corporels lorsque les flux futurs ne couvrent plus leur valeur nette comptable.
Les hypothèses utilisées doivent rester cohérentes entre elles et s’appuyer autant que possible sur des données externes. Les analyses de sensibilité jouent un rôle clé. Les groupes doivent présenter des marges de sécurité et identifier les hypothèses dont une variation raisonnable entraînerait une dépréciation.
Traitement en normes françaises
En normes françaises, les tests de dépréciation reposent sur une approche plus prudente et moins prospective. Les entreprises constatent une dépréciation lorsque la valeur actuelle devient durablement inférieure à la valeur nette comptable. Les flux futurs restent un élément d’analyse, mais la notion de valeur d’utilité ne s’impose pas avec la même rigueur qu’en IFRS.
Pertes de crédit attendues et ajustement des modèles
Traitement en normes IFRS
IFRS 9 impose une approche prospective du risque de crédit fondée sur les pertes de crédit attendues. En 2025, les groupes doivent adapter leurs modèles pour intégrer les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques. Les paramètres clés, comme la probabilité de défaut ou la perte en cas de défaut, peuvent évoluer.
Les ajustements peuvent intervenir directement dans les modèles ou via des ajustements complémentaires destinés à couvrir des risques émergents. Les transferts entre les différents stages de provisionnement doivent faire l’objet d’une analyse documentée. Les annexes doivent expliquer les changements d’hypothèses et leurs effets sur le niveau global des pertes de crédit attendues.
Traitement en normes françaises
En normes françaises, le provisionnement repose sur la constatation de risques avérés. L’approche reste moins sensible aux scénarios prospectifs. Les entreprises doivent toutefois s’assurer que les montants provisionnés reflètent correctement les risques identifiés dans leurs dispositifs de gestion du crédit.
Autres sources majeures d’estimation
Les impôts différés actifs constituent un autre point de vigilance. En normes IFRS, leur reconnaissance dépend de prévisions raisonnables de bénéfices futurs. Les groupes doivent préciser l’horizon de recouvrement retenu et la sensibilité des montants activés aux hypothèses clés.
La reconnaissance du chiffre d’affaires, les contrats déficitaires, les provisions pour restructuration et l’évaluation des stocks requièrent également des jugements significatifs. Les changements d’estimation doivent être expliqués, ainsi que leurs impacts sur les comptes de l’exercice.
Contribution exceptionnelle sur les bénéfices
Traitement en normes IFRS
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises constitue un enjeu notable pour la clôture 2025. En normes IFRS, lorsque la loi est adoptée avant la date de clôture, la charge d’impôt doit intégrer l’ensemble des surtaxes assises sur le résultat de l’exercice. Cette logique conduit à reconnaître dès 2025 l’impact de contributions calculées sur plusieurs exercices.
Les groupes doivent également ajuster les taux utilisés pour l’évaluation des impôts différés, en tenant compte des périodes de retournement concernées par la contribution.
Traitement en normes françaises
En normes françaises, la contribution exceptionnelle s’analyse comme un impôt sur le résultat. Les entreprises comptabilisent la charge au titre de l’exercice où elle devient exigible, sans anticipation des contributions futures. Une information appropriée en annexe reste nécessaire.
Hyperinflation : une vigilance ciblée
IAS 29 s’applique aux entités dont la monnaie fonctionnelle appartient à une économie hyperinflationniste. En 2025, peu de changements affectent la liste des pays concernés. Les groupes exposés doivent retraiter leurs comptes conformément à la norme, sans retraitement des comparatifs lors de la première application.
En normes françaises, aucun dispositif équivalent n’existe. Les impacts se limitent donc aux comptes consolidés IFRS.
Enjeux climatiques et obligations implicites
Les engagements climatiques publics soulèvent des questions de comptabilisation sous IAS 37. Une annonce publique ne crée pas automatiquement une obligation implicite. Les groupes doivent analyser leurs actions passées et les attentes légitimes créées auprès des tiers.
Les obligations de réduction des émissions ne donnent pas lieu à la comptabilisation d’un passif. En revanche, les engagements de compensation peuvent conduire à reconnaître une provision lorsqu’ils impliquent une sortie probable de ressources sans avantage économique en retour. Les régulateurs encouragent une communication transparente sur ces analyses.
IFRS 18 : anticiper la transformation de la présentation financière
IFRS 18 modifie profondément la présentation du compte de résultat. La norme impose une classification structurée entre activités d’exploitation, d’investissement et de financement. Elle renforce également les exigences de ventilation des charges par nature.
Les indicateurs de performance définis par le management feront l’objet d’un encadrement strict. Les groupes devront expliquer leur calcul et les rapprocher systématiquement des sous-totaux IFRS. Même si l’application obligatoire interviendra ultérieurement, la préparation doit débuter dès la clôture 2025.
Alarys vous accompagne au quotidien
L’arrêté des comptes IFRS 2025 repose sur une maîtrise rigoureuse des jugements, une transparence accrue sur les estimations et une anticipation des évolutions normatives. La qualité de l’information fournie, sa cohérence avec les autres communications et la capacité à expliquer les choix comptables constituent les leviers essentiels pour sécuriser la clôture et renforcer la confiance des utilisateurs des états financiers.
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